1976
Événements
- 7-8 janvier : accords de la Jamaïque. Signature du deuxième amendement au FMI. Il sanctionne la démonétisation de l’or et le droit de tous les pays de laisser flotter leur monnaie : c'est la fin définitive du système adopté à Bretton Woods en 1944.
- 10 février : première conférence nord-sud à Paris.
- 16-19 août : cinquième conférence des 82 pays non-alignés à Colombo. Ils réitèrent leur volonté d'instaurer un nouvel ordre économique mondial. La domination apparente exercée par l'OPEP donne des idées aux pays producteurs des autres matières premières minérales (cuivre, zinc, étain…) et agricoles (café, cacao, lin…). Des stocks internationaux de régulation des cours sont envisagés mais les projets, déjà débattus dans le cadre du « dialogue Nord-Sud », se heurtent aux résistances des pays industrialisés.
- 25 janvier : retrait des troupes sud-africaines d'Angola.
- 3 février : des terroristes somaliens prennent en otage un bus scolaire d'enfant français à Loyada à Djibouti
- 27 février : proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) par le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, en réponse au partage du Sahara occidental par le Maroc et la Mauritanie. Début de la guerre du Maroc et de la Mauritanie contre le Polisario (fin en 1979).
- 8 mars : le Maroc et la Mauritanie rompent leurs relations diplomatiques avec l'Algérie[1].
- 19 mars[2] : réforme constitutionnelle au Sénégal instaurant un multipartisme limité à trois partis ; l’USP devient Parti socialiste, membre de l’Internationale socialiste.
- avril : Andreas Shipanga tente de prendre le contrôle du quartier général de la SWAPO à Lusaka en Zambie.
- 16 juin : émeutes de Soweto contre une manifestation pacifique de jeunes noirs en Afrique du Sud, brutalement réprimées.
- 29 juin : indépendance des Seychelles.
- 2-5 juillet : l’OUA adopte la Charte culturelle de l’Afrique[3].
- 18-19 juillet : arrestation de Diallo Telli par le régime de Sékou Touré[4]. Prétendu « Complot peul » en Guinée[5].
- 17 septembre (Zaïre)[6] : Rétrocession à leurs propriétaires des entreprises et biens étrangers « zaïrianisés ».
- 20 septembre[7] : fondation de la Communauté économique des Pays des Grands Lacs regroupant les anciennes colonies belges (Zaïre, Rwanda, et Burundi), héritière d’un pacte de sécurité mutuelle signé dix ans plus tôt, qui montrera son inefficacité lors des crises qui secoueront la région à partir de 1994.
- 26 octobre : indépendance du homeland du Transkei, non reconnue par la communauté internationale.
- 2 novembre : coup d'État de Jean-Baptiste Bagaza au Burundi. Les Tutsis, minoritaires face au Hutus (84 %), sont au pouvoir.
- 1er décembre : l'Angola entre à l'ONU.
- 8 décembre : Ange-Félix Patassé devient premier ministre de la République centrafricaine
- 11 janvier : coup d’État militaire en Équateur : La chute des prix du pétrole en 1975, l’agitation sociale et les critiques de la bourgeoisie entraînent la chute du général Guillermo Rodríguez Lara (es).
- 16 février (Argentine) : Isabel Perón dissout le Parlement et convoque de nouvelles élections, mais dès le 24 mars, l’armée renverse la présidente et place le général Jorge Videla à la tête de l’État. Paroxysme du chaos économique et de la violence politique en Argentine.
- 24 mars : début de la dictature de Videla en Argentine (fin en 1981).
- La corruption, la crise économique et le mouvement armé des Montoneros servent de prétexte au pronunciamiento. Videla lance un « processus de réorganisation nationale » qui s’assigne comme objectif de « sauver la nation » : purge de l’université et de ses professeurs, étudiants et bibliothèques, exil d’artistes, censure, « disparition » de toute personne suspecte de sympathie avec la gauche ; des milliers de personnes sont torturées, exécutées ou portées disparues.
- Le général Videla présente des mesures d'« assainissement » économique inspirées par les économistes de l'École de Chicago (Milton Friedman ou George Stigler). Il dévalue immédiatement la monnaie nationale, réduit les salaires, met un terme au contrôle des prix et aux subventions, supprime les monopoles publics, libère les échanges extérieurs et ouvre l'économie à la concurrence mondiale. Libérés de la tutelle de l'État qui ponctionnait d'importantes marges sur les exportations de produits agricoles, les gros agriculteurs sont satisfaits, mais les industriels ne parviennent pas à supporter le choc et les faillites se multiplient. En raison de l’entrée massive de capitaux, la masse monétaire en circulation est plus difficile à contrôler qu’au Chili et la dictature militaire ne parvient pas à domestiquer l’inflation tout en freinant la croissance une année sur deux. Finalement devant les difficultés, les capitaux s'enfuient : 20 milliards de dollars quittent le pays entre 1976 et 1984, pour une dette s’élevant à 45 milliards.
- 12 juin (Uruguay) : Juan María Bordaberry, peu avant la fin de son mandat, suggère d’interdire les partis traditionnels pour les remplacer par un système corporatiste de représentation des grands courants d’opinion. Les militaires refusent et remplacent Bordaberry par Alberto Demichelli puis Aparicio Méndez.
- 31 août (Mexique)[8] : dévaluation du peso de plus de 50 % pour tenter de réduire la dette extérieure du pays.
- 1er septembre : Aparicio Méndez, président de l'Uruguay (fin en 1981). Le régime tente de s’institutionnaliser. Méndez interdit à 15 000 dirigeants des partis traditionnels toute activité politique pour une durée de 15 ans. L’objectif et de favoriser l’émergence d’une nouvelle classe politique que le régime autoritaire escomptait coopter. Curieusement les militaires ne font aucun effort pour rallier des partisans et constituer un parti.
- 29 septembre[9] : la monnaie nationale chilienne, l’escudo devient le peso, et les taux de change sont constamment ajustés en fonction de l’inflation. Mesures de désarmement tarifaire. Limitation des transferts vers les entreprises publiques. Au total, 492 des 507 entreprises publiques seront vendues à bas prix. Le Pays connaît une croissance moyenne exceptionnelle de 6,9 % par an entre 1976 et 1981.
- 15 novembre : élections municipales au Brésil[11]. Le gouvernement en revient à un strict contrôle de la propagande électorale (loi Falcão du 1er juillet 1976[12]) et l’ARENA remporte 83 % des mairies, s’assurant ainsi la majorité au collège électoral qui devra choisir le président de la république en 1978.
- Décembre : l’Uruguay, avec 3 millions d’habitants, compte 6 200 prisonniers politiques.
- En Bolivie, les pressions du président Jimmy Carter et de tous les secteurs sociaux contraignent Banzer à chercher une issue politique.
- Chili : débat politique sur l’avenir du régime au sein de la coalition au pouvoir. Il oppose les duros, partisans de la continuité et les blandos, modérés qui prétendent qu’une institutionnalisation minimum est nécessaire afin de consolider la légitimité du régime à l’intérieur comme à l’étranger. Des « actes constitutionnels » sont élaborés qui légalisent la junte au pouvoir.
- Mexique : découverte de réserves de pétrole brut dans les États de Campeche, Chiapas, Tabasco et Veracruz. La production double pendant la seconde moitié des années 1970.
- À Porto Rico, se réunit le second sommet des sept pays les plus industrialisés (États-Unis, RFA, Royaume-Uni, France, japon et Italie) à l'initiative du président Gerald Ford. Le président Valéry Giscard d'Estaing apporte sa réflexion sur les « problèmes monétaires et financiers ».
- Rapport de la Commission Trilatérale sur « La gouvernance des démocraties ».
- 8 % de la population active est au chômage.
- 15 avril : rétablissement des relations diplomatiques entre l'Inde et la Chine.
- 21 avril[13] : élections en Thaïlande.
- 13 mai : Pol Pot est nommé Premier ministre du Kampuchéa démocratique.
- 15 mai : rétablissement des relations diplomatiques entre l'Inde et le Pakistan.
- 24 juin : l'Indonésie annexe le Timor oriental.
- 2 juillet : élection d’une Assemblée nationale unique au Viêt Nam. Elle proclame la réunification officielle du Viêt Nam, par la fusion de la République démocratique du Viêt Nam (Nord Viêt Nam) et du Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Viêt Nam. Le pays devient la République socialiste du Viêt Nam, avec Hanoi pour capitale. Les États-Unis refusent de reconnaître le nouveau gouvernement. En l’absence de relations diplomatiques, le Viêt Nam se retrouve complètement isolé des pays Occidentaux et se tourne vers l’URSS.
- 28 juillet : tremblement de terre en Chine (T'Ang Chan) de magnitude 8.0 plus ou moins 0.2, 240 000 morts.
- 16 août : tsunami sur l'île de Mindanao aux Philippines.
- 18 août : incident du peuplier, assassinat de 2 soldats américains par l'armée populaire de Corée dans la Joint Security Area.
- 9 septembre : mort de Mao Zedong, qui laisse une situation politique et économique difficile. La situation se renverse en Chine.
- Septembre (Thaïlande) : le retour de l’ancien Premier ministre Thanom Kittikachorn, qui était en exil à Singapour, provoque à Bangkok des luttes sanglantes entre étudiants de gauche et partisans de Thanom, favorables à la droite.
- 6 octobre : Massacres des étudiants de l'Université Thammasat (th) en Thaïlande. Coup d'État militaire contre le Premier ministre Seni Pramoj. Alors que les troubles gagnent en ampleur, un groupe militaire, mené par l’amiral Sangad Chaloryu, prend le contrôle du pays et met en place un gouvernement conservateur dirigé par Tanin Kraivixien.
- 9 octobre (Chine) : arrestation de la bande des quatre.
- En octobre, Hua Guofeng, héritier désigné de Mao, cumule les titres de Premier ministre, de Président de la Commission militaire et du Comité central du parti Communiste. Il fait arrêter la « bande des quatre », Jiang Qing en tête. En s’appuyant sur l’armée, il rétablit l’ordre dans les provinces. Hua Guofeng se présente comme un maoïste de stricte obédience : il faut défendre tout ce qu’a décidé Mao, obéir à toutes ses directives. Dénué de prestige et d’imagination, il n’est pas en mesure d’imposer son autorité et doit s’effacer devant Deng Xiaoping (1977).
- Novembre (Inde) : un amendement à la Constitution est adopté par l’Assemblée. Il renforce les prérogatives de l’exécutif et modifie l’équilibre des pouvoirs en faveur des assemblées et notamment du Parlement central. L’Inde devient une république « souveraine, socialiste, laïque et démocratique ».
- Le Tibet bénéficie d'une petite dose de tolérance, en particulier religieuse[14].
- Le parti politique principal au Japon est le Jimintô (parti libéral-démocrate). Les partis d’opposition compte le Minshatô (parti démocrate-socialiste depuis 1960) et le Kômeitô (Parti communiste, depuis 1964, soutenu par la Sōka Gakkai). Le Parti communiste japonais rejette le principe de la dictature du prolétariat.
- Gouvernement de province décentralisé en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
- 40 % des Indonésiens vivent en dessous du seuil de pauvreté.
- Recensement et rééducation au Sud Viêt Nam : la masse des anciens soldats et des fonctionnaires sud-vietnamiens suit un stage léger de trois jours, mais les dirigeants subissent une rééducation plus lourde dans des camps à l’écart.
- Le gouvernement vietnamien tente avec difficulté de désengorger l’agglomération de Saigon où se sont accumulés des réfugiés fuyant les zones de combat pendant le conflit (10 millions de ruraux déplacés vers les zones urbaines).
- 18 janvier : massacre de Karantina. Reprise des combats au Liban avec le siège des camps palestiniens par les milices chrétiennes. Les camps sont pris d’assaut et leur population massacrée. L’OLP décide d’entrer dans l’épreuve de force.
- 19 janvier : l’OLP, stationnée en Syrie et sous le contrôle de Damas, entre au Liban et s’installe dans la Bekaa.
- 20 janvier : Hafez el-Assad propose officiellement sa médiation au Liban et avance un programme de réformes, le « document constitutionnel », destiné à réformer le pacte national de 1943 : parité des parlementaires entre chrétiens et musulmans, augmentation des pouvoirs du président de la République au détriment du président du Conseil, arrêt de l’accès aux fonctions publiques sur des bases constitutionnelles, confirmation des accords du Caire.
- 14 février (Liban) : les chefs chrétiens acceptent le texte du « document constitutionnel » mais les forces progressistes de Kamal Joumblatt le refusent et demandent la démission de Soleimane Frangié. La Syrie y est totalement opposée. Les affrontements reprennent. Dans la Montagne, les chrétiens fuient les régions de cohabitation anciennes avec les Druzes devant les opérations des milices progressistes.
- 15 mars : dénonciation par Le Caire des accords soviéto-égyptiens. L’Égypte reçoit pour la première fois de l’armement américain.
- 9 avril : des contingents de la Sa'iqa entrent au Liban et apportent leur soutien aux milices chrétiennes.
- 13 avril[15] (Palestine) : Les élections municipales dans les territoires occupés consacrent l’accession d’une nouvelle élite au détriment des notables traditionnels proches de la Jordanie. Elle appartient aux classes moyennes éduquées et son programme politique et proche de l’OLP.
- 8 mai : grâce au soutien de la Syrie, Elias Sarkis est élu à la tête de l’État libanais.
- 10 mai : intervention syrienne au Liban.
- 11 mai : signature à Bruxelles d’un traité commercial et de coopération entre la CEE et Israël.
- 15 mai : l'Iran approuve un traité d'amitié avec l'Irak.
- 31 mai : 6000 soldats syriens entrent au Liban, précédant 6000 autres et combattent difficilement les forces palestino-progressistes.
- Août (Liban) : les forces palestino-progressistes dernières s’effondrent sous l’action commune des milices chrétiennes, de l’armée syrienne et du soutien israélien, entraînant de nouveaux massacres dans les camps. Le plus important est celui de Tel al-Zaatar qui fait 2000 morts. Le Mouvement national se reconstitue dans la Montagne. La LEA décide d’intervenir pour trouver une solution pacifique.
- 16-18 octobre : le sommet arabe de Riyad instaure un cessez-le-feu et crée une force arabe de dissuasion (FAD) dominée par les forces syriennes (40 000 hommes). Elle se déploie au Liban à partir du 14 novembre et instaure une paix relative.
- Les dernières concessions pétrolières sont abolies et nationalisées en Arabie saoudite.
Chronologies thématiques
Arts et culture
Sur les autres projets Wikimedia :
- 1976, sur Wikimedia Commons
Naissances en 1976
- 2 juillet : Dany Bédar, auteur-compositeur-interprète.
- 8 juillet : Ellen MacArthur, navigatrice anglaise.
- 10 juillet : Davy Mourier, acteur, scénariste, réalisateur, graphiste et animateur français.
- 12 juillet : Delfynn Delage, actrice pornographique française.
- 15 juillet : Diane Kruger, ex-mannequin et actrice allemande.
- 17 juillet : Marcos Senna, footballeur espagnol.
- 25 juillet : Tera Patrick, actrice américaine.
- 26 juillet : Oliv', dessinateur français.
- 2 août : Sam Worthington, acteur australien.
- 9 août : Audrey Tautou, actrice française.
- 23 août : Scott Caan, acteur américain.
- 24 août : Alex O'Loughlin, acteur australien.
- 31 août : Vincent Delerm, chanteur français
- 9 septembre : Emma De Caunes, actrice française
- 11 septembre : Elephant Man, chanteur jamaiquain
- 22 septembre : Ronaldo, joueur de football brésilien
- 27 septembre : Francesco Totti, joueur de football italien
- 28 septembre : Fedor Emelianenko, combattant de combat libre, MMA, Sambo
- 29 septembre : Andriy Shevchenko, joueur de football ukrainen
Décès en 1976
Notes et références
Avertissement: Nous ne garantissons pas l'exactitude ou la qualité des informations publiées sur ce site, les auteurs des articles sont des internautes pour la plupart anonymes et sans qualification vérifiable. Il est vraisemblable qu'un grand nombre d'articles ne soit qu'une simple reformulation de textes recopiés sans l'accord de leurs véritables auteurs, aussi si vous repérez des passages violant la législation sur le droit d'auteur merci de nous en avertir. Les articles présentés sont sous "licence" dite "partage à l'identique", cela signifie qu'ils sont librement réutilisables à des fins commerciales par exemple, leurs auteurs ayant sciemment ou non renoncé à toute rétribution de leur travail. A noter que cette disposition de droit américain est sans existence légale en France et qu'elle prétend imposer à toute personne réutilisant ces articles d'adhérer à l'idéologie développée par "Creative Common". Il semblerait à la lecture de Wikipédia que cette organisation privée a entre autres objectifs le démantèlement du droit d'auteur. Liste des auteurs de l'article.
|